La fermeté du pape et la bienveillance des autorités juives ont permis de lever le malentendu
En pleine tourmente médiatique autour des propos ouvertement négationnistes de Richard Williamson, on a craint que cette crise n’altère durablement et en profondeur, d’une part les relations entre juifs et catholiques, d’autre part celles entre le Vatican et Israël. Il n’en a rien été. Très rapidement, le gouvernement israélien a dissocié cette affaire des relations diplomatiques entre les deux Etats et s’est satisfait des mises au point du Vatican. En terme de dialogue interreligieux entre juifs et catholiques, la mise au point extrêmement ferme du pape Benoît XVI, opposé depuis toujours à toute forme d’antisémitisme et de négationnisme, a eu pour effet d’apaiser les autorités religieuses juives, et même de renforcer les liens de confiance, tant avec la personne de Benoït XVI qu’avec l’Eglise catholique : « On ne pouvait pas attendre un engagement plus fort pour le dialogue et l’amitié avec le peuple juif. Parfois, une erreur aide à clarifier mieux les choses. Cette crise a ainsi permis de fortifier les positions. », a ainsi déclaré, à l’issue d’une audience avec le pape le 12 mars, le rabbin Rosen, chargé du dialogue interreligieux au sein du grand rabbinat d’Israël. Guillaume de Prémare
Marie-Armelle Beaulieu, du bureau de Presse de la Custodie franciscaine de Terre Sainte : « En Israël, les accusations d’antisémitisme ont finalement eu l’effet d’un pétard mouillé »
Comment l’affaire Williamson a-t-elle été perçue en Israël ?
Les juifs ont été parmi les premiers à prendre la défense du Pape lorsque cette affaire a été montée en épingle.
Contrairement à la plupart des médias, ils savent pertinemment ce qu’est une excommunication, et en quoi consiste pratiquement sa levée, parce qu’ils ont l’équivalent dans leur religion : le cherem (l’exemple le plus connu de personne frappée de cherem est le philosophe Spinoza). D’autre part, après l’émotion des premiers instants, le dialogue continu entre instances judéo-catholiques fait que ces accusations d’antisémitisme ont finalement eu l’effet d’un pétard mouillé ici en Israël, sauf pour quelques extrémistes, dont le rabbin Michael Ben Ari.
Comment expliquer que certains médias occidentaux aient choisi cet angle-là pour traiter de la visite du pape en Terre Sainte ?
Quand Paul VI est venu ici, c’était pour rencontrer le patriarche Athénagoras. Il y avait un enjeu énorme : la levée des excommunications entre orthodoxes et catholiques. Quand Jean-Paul II est venu, c’était à l’occasion du jubilé. Benoît XVI, lui, vient pour un simple pèlerinage. Vous comprendrez aisément que, pour certains journalistes, il n’y a là rien de bien passionnant. Il faut bien trouver de quoi, croit-on, intéresser les foules… Propos recueillis par Natalia Branlard
Source : dossier de presse Le pape en Terre Sainte : un voyage pastoral à haut risque, 7 mai 2009, réalisé par notre partenaire Médias & Evangile
























